Le programme Chemins vers la guérison laisse un impact significatif et durable, car nous organisons des tournées de films majeurs qui abordent des questions d’une importance vitale pour les communautés autochtones et pour le Canada, comme le traumatisme intergénérationnel causé par les pensionnats indiens et les taux élevés de suicide chez les jeunes.
Ces tournées de films permettent de favoriser des échanges constructifs grâce à des rassemblements communautaires. À ce jour, elles ont rejoint des milliers de personnes dans plus de 125 communautés principalement accessibles par avion, à travers le pays et dans les régions les plus reculées du Nord. Lorsque nous avons lancé l’initiative avec la projection préliminaire du film Indian Horse (Cheval Indien), la plupart des survivants ont partagé ouvertement leur histoire pour la première fois. Lors de la projection du film The Grizzlies (Les Grizzlies), de nombreuses communautés, notamment au Nunavut et au Nunavik, n’avaient encore jamais abordé ouvertement le suicide et la santé mentale.
Pour d’innombrables personnes, des jeunes aux aînés et aux dirigeants, qui ont été aux prises avec la douleur et la souffrance dans leurs foyers et leurs communautés tout au long de leur vie, ces conversations ont apporté clarté et compréhension, permettant un chemin collectif vers la guérison.
Le film et la minisérie en cinq épisodes L’Ombre des corbeaux (Bones of Crows CBC/SRC/APTN) raconte l’histoire de la matriarche crie Aline Spears, qui survit à une enfance dans le système des pensionnats indiens du Canada pour poursuivre le combat générationnel de sa famille face à la famine systémique, au racisme et aux abus sexuels. Ce film a joué un rôle essentiel dans la réconciliation, car les Canadiens doivent comprendre les dures réalités auxquelles les survivants ont été confrontés – le poids qu’eux-mêmes et leurs communautés continuent de porter aujourd’hui. Au sein des communautés, le film a permis au public de mieux comprendre et reconnaître les conséquences persistantes des traumatismes générationnels.
« Le film Bones of Crows a permis à nos jeunes d’avoir des conversations très concrètes et profondes avec notre personnel de soutien sur leurs expériences, celles de leurs parents, de leurs grands-parents et de leurs arrière-grands-parents… Autrement dit, le film nous a permis d’aborder le traumatisme transgénérationnel de manière très concrète, plutôt que de l’aborder comme un concept ésotérique auquel les élèves ne s’identifient pas. Merci de nous l’avoir offert. » – Jeremy Janz, directeur de l’école secondaire Pacific Coastal, Colombie-Britannique
Adapté d’un roman du regretté auteur ojibwé Richard Wagamese, Indian Horse (Cheval Indien) raconte l’histoire poignante de Saul Indian Horse, un jeune Ojibwé arraché à sa famille et placé dans un pensionnat, où il subit l’assimilation et les abus. Grâce au hockey, Saul trouve le moyen de s’adapter et de se dépasser, mais il doit affronter le racisme et la perte personnelle dans son cheminement vers la guérison et la reconquête de son identité.
Nous avons collaboré avec la société de production cinématographique Screen Siren Pictures pour organiser une tournée de ce film important dans 40 communautés avant sa sortie en salles. Une telle initiative était inédite, et son impact est durable, car les discussions communautaires qui en ont résulté ont continué d’ouvrir la voie à une guérison indispensable.
L’histoire racontée dans ce film ressemble beaucoup à celle de notre regretté et cher ami, ancien conseiller du conseil d’administration, Fred Sasakamoose; premier joueur autochtone de la LNH, récipiendaire de l’Ordre du Canada et auteur de Call Me Indian: From the Culture of Danger to the Sports Hall of Fame. Fred a assisté à de nombreux événements avec nous pendant la tournée, mais n’a pas pu regarder le film en raison des souvenirs douloureux que cela a suscités. Nous avons ensuite projeté le film dans sa communauté natale, la Première Nation crie d’Ahtahkakoop, où nous avons été témoins d’un moment fort de sa vie et de celle de sa communauté.
Fred a déclaré : « Je veux que les jeunes guérissent, car je suis très inquiet pour eux. Mais ils ne guériront pas si moi et les autres aînés ne sommes pas prêts à parler de ce qui s’est passé. Et si nous ne le faisons pas, les jeunes ne comprendront pas pourquoi notre peuple est si brisé. » Courageusement, Fred a assisté à la projection, les larmes aux yeux. Après la projection, il a rassemblé ses forces pour parler, ce qui a donné le courage aux autres aînés de faire de même.
Repose en paix, Fred. Ton héritage et ta gentillesse resteront toujours dans nos mémoires.
The Grizzlies est inspiré de l’histoire vraie d’élèves inuits d’une petite ville de l’Arctique qui, confrontés à de profondes difficultés personnelles, trouvent espoir et sens à leur vie grâce à la crosse. Encadrés par un enseignant dévoué, ils forment une équipe qui favorise l’esprit communautaire, la résilience et la fierté, tout en poursuivant leur réussite sur le terrain comme en dehors.
En collaboration avec Northwood Media et Mongrel Media Inc., nous avons estimé qu’il était impératif que les jeunes des Premiers Peuples voient cette histoire édifiante dans un cadre communautaire, qu’ils réfléchissent collectivement à une réalité qui leur est propre et qu’ils parlent de l’importance de la santé mentale.
Les membres de la communauté se sont systématiquement manifestés pour parler de leurs difficultés. Nombre d’entre eux ont exprimé des choses comme : « Vous êtes arrivés au bon moment ce soir ; j’en avais vraiment besoin. » Au-delà de l’impact direct du film et des présentations des artistes, la tournée du Nord et la présence de leaders communautaires lors des projections ont fait comprendre aux jeunes qu’ils sont importants, qu’ils ne sont pas oubliés, et que le monde sera meilleur grâce à leur contribution active.
Peu après la tournée, l’actrice principale, Emerald MacDonald, avec qui nous avions parcouru le pays et noué une étroite amitié, a été assassinée dans sa communauté. Sa mort insensée nous rappelle que nous devons nous mobiliser pour améliorer la sécurité, le soutien et la justice pour les femmes et les filles des Premiers Peuples.
Repose en paix, Emerald. Ton sourire et ta chaleur sont à jamais gravés dans nos cœurs.
En 2020, nous avons organisé la tournée nord-américaine « Red Snow » afin de promouvoir l’apprentissage interculturel grâce à un film percutant racontant l’histoire d’un soldat gwich’in en Afghanistan secouru par une famille pachtoune. Lors de cette tournée, des membres des communautés d’Inuvik (T.N.-O.), de Whitehorse (Yukon), de Dawson City (Yukon) et d’Old Crow (Yukon) ont rencontré les acteurs Mozhdah Jamalzadah (l’« Oprah » de l’Afghanistan) et Shafin Karim (La Femme bionique, Tron 2) ; ensemble, ils ont discuté de questions communes aux deux cultures.
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